La réticence



Catalogue LRT, Dossier 01, Chemise 01, Page 00035

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que nous avions ficelée tant bien que mal sur la galerie de la voiture, une
vieille vieux Ddiesel Peugeot dont il n'avait pas coupé le moteur et qui continuait
de ronronner à l'arrêt au ralenti sur la place, puis il m'avait indiqué la direction
du seul hôtel du village, qui se trouvait non loin de là, en bordure du port.
J'avais remis d'aplomb la poussette de mon fils et, laissant mes valises
à l'abandon à côté d'un banc, j'avais pris la direction de l'hôtel, mon
fils devant moi dans la poussette, qui ne se préoccupait de rien, absorbé
qu'il était dans la contemplation de son phoque en peluche, qu'il tournait
et retournait entre ses mains pour l'examiner à l'infini sous toutes les
coutures. L'entrée de l'hôtel présentait un petit perron fleuri, au haut
duquel s'ouvrait une double porte vitrée, et je pris la poussette à bout
de bras pour gravir les quelques marches du perron. J'avais à peine poussé
la porte de l'hôtel que je me trouvai en présence d'un homme accroupi par
terre dans l'entrée, une serpillière à la main, qui, sans se relever, con-
sidéra avec méfiance la poussette que je tenais à bout de bras devant lui.
Ne sachant trop où la poser tant le sol semblait propre et entretenu avec
soin, je gardai la poussette dans les mains et, comme je lui demandais s'il
serait possible d'avoir une chambre pour la nuit, mon fils lâcha le phoque,
qui alla rebondir sur sla tête de l'hôtellier avant de tomber par terre (je le savais, je
le savais).

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