La réticence



Catalogue LRT, Dossier 01, Chemise 01, Page 00008

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que nous avions ficelée tant bien que mal sur la galerie de la voiture, une
vieille Diesel dont il n'avait pas coupé le moteur et qui continuait
de ronronner à l'arrêt sur la place, puis il m'avait indiqué la direction
du seul hôtel du vilage, qui se trouvait non loin de là, en bordure du port.
J'avais remis d'aplomb la poussette de mon fils et, laissant mes valises
à l'abandon à côté d'un banc, j'avais pris la direction de l'hôtel, mon
fils devant moi dans la poussette, qui ne se préoccupait de rien, absorbé
qu'il était dans la contemplation de son phoque en peluche, qu'il tournait
et retournait entre ses mains pour l'examiner à l'infini sous toutes les
coutures. L'entrée de l'hôtel présentait un petit perron fleuri, au haut
duquel s'ouvrait une doucle porte vitrée, et je pris la poussette à bout
de bras pour gravier les quelques marches du perron. J'avais à peine poussé
la porte de l'hôtel que je me trouvai en présence d'un homme accroupi par
terre à côté d'un seau dans l'entrée, une serpillière à la main, qui ne se releva pas
tout de suite et se releva pour considéraer avec méfiance la poussette que je tenais à bout
de brasdevant lui. Ne sachant trop où la poser tant le sol semblait propre et entretenu
avec soin, je la gardai la poussettedans les mains et lui demandai s'il serait possible
d'avoir une chambre pour la nuit, et, avant qu'il n'eut le temps de répondre,
mon fils lâcha le phoque, qui alla alla rebondirtr sur lsa tête de l'homme avant
de tomber par terre (je le savais, je le savais).

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