La réticence



Catalogue LRT, Dossier 01, Chemise 01, Page 00063

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enclos livré aux mauvaises herbes, où, à côté d'un figuier désséché quiployait sous le poids de ses branches mortes, un âne solitaire broutaitdu fenouil entre divers détritus, des vieilles planches, des pneusabandonnés, une barque retournée qui pourrissait sur place.

Les premiers temps que je passai à Sasuelo, j'occupais mes journéesà de longues promenades, tantôt le long des routes étroites qui montaientvers les hameaux voisins, et tantôt à la découverte de la plage sauvagequi s'étendait derrière le village sur plusieurs kilomètres. Le bruitdes vagues et du vent se mêlait dans mon esprit, et je progressaislentement au bord de l'eau en poussant devant moi la voiture d'enfantde mon fils. C'était une plage immense, abandonnée et déserte, quebalayaient continûment des vents tourbillonants. Je m'arrêtais parfois,je m'asseyais dans le sable, et, tandis que tout autour de moi desfilaments d'algues sèches s'envolaient vers les dunes, je ramassaisdistraitement un ou deux cailloux, que je lançais paresseusement dansla mer. Mon fils me regardait faire, un biscuit à la main, solidementmaintenu dans sa poussette par une petite ceinture. Parfois, il sepenchait en avantle bras tendupour[essayer de s'emparer]briguer de quelque objet échoué surla plage, et je lui tendais à mesure tout cequ'il convoitaitdont il essayait de s'emparerqu'il semblait briguer, desmorceaux de bois morts rejetés par la marée qui avaient pris desformes de talismans bizarres, des galets, des brindilles (une vieillesandale en plastique, aussi, qu'il convoitait tout particulièrement) )

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